Le livre « Voyage dans les rêves des enfants de la frontière »

Editions Hervas, Paris 1988

Format : 20×25 cm, 128 pages, 90 illustrations couleurs + photos et textes

Prix : 20 € + frais de port : 6€

A commander : Association Phare 86 Plage de l’Estaque – 13016 Marseille

« Au début du cours dessin en 1986, quelques rares personnes passaient nous voir dans l’école et au fur et à mesure que l’expression des enfants gagnait en qualité technique et en intensité de sens, de plus en plus de visiteurs venaient jeter un œil.

Et puis certains ont commencé à me dire que ces dessins et aquarelles étaient d’une qualité telle que je devais les faire connaître de la façon la plus large possible. Et quand j’ai décidé de conclure la première année du cours par une vente aux enchères, d’autres personnes m’ont dit que je n’avais pas le droit de disperser ce qui s’annonçait déjà comme un témoignage précieux de l’histoire récente du Cambodge. Mais je tenais à la vente aux enchères car je voulais que mes élèves expérimentent une autre relation à l’autre que celle désastreuse du réfugié face aux organismes d’aide (c’est-à-dire, et on ne peut le savoir que si on l’a expérimentée, de l’ «assisté » dépendant et à la merci de tout et de tout le monde).

C’est pourquoi je me suis mise en position d’acheter lors de la vente aux enchères un certain nombre d’aquarelles trop belles et fines pour les laisser partir et que j’ai retiré de la vente 3 ou 4 autres décidemment trop exceptionnelles pour risquer de ne pouvoir enchérir (nos salaires à COERR – ONG thaïlandaise – étaient extrêmement modiques et ne pouvaient rivaliser avec ceux des autres ONG et organismes des Nations Unies). A ma grande surprise d’ailleurs, la plupart des peintures que je jugeais irremplaçables ne m’ont guère été disputées alors que d’autres qui me semblaient mineures ont motivé des enchères mirobolantes.

Ce sont les œuvres que j’ai acheté qui constituent le livre «Voyage dans les rêves des enfants de la frontière ».

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Après un certain nombre de démarches décevantes et infructueuses pour la recherche de financeurs et de partenaires en France, j’ai tenté ma chance en Suisse. La veille de mon départ de Genève j’ai rencontré Terre des Hommes. Trois jours plus tard ils me recontactaient pour me dire qu’ils prenaient le projet, assuraient le financement et me laissaient carte blanche. Leur seule exigence était la fondation d’une association qui deviendrait leur partenaire. Ainsi fut fait. Phare voyait le jour. La relation avec Terre des Hommes fut une véritable bénédiction faite de respect, de plaisir et de confiance mutuelle et relation fidèle puisqu’elle durera jusqu’aux premières années au Cambodge. »

Véronique Decrop

Dans le tableau ci-dessus, Roat répond à l’angoissante question « Comment fait-on pour vivre dans un camp de réfugiés ? » Un camp de réfugiés où c’est le même jour qui indifféremment se répète pendant des années d’attente interminables. Où il n’est pas possible de se projeter dans un passé qui était celui de l’horreur khmère rouge pas plus que dans un avenir puisqu’il est impossible de prévoir la durée de ce présent sans fin (et en ce qui concerne les réfugiés cambodgiens il s’agira de 13 années de camp). « Mais Roat, dans « Le tableau dans le tableau » nous dit que tout peut être transformé pourvu qu’on en fasse le choix. Il nous parle de la face cachée des choses, des collines verdoyantes derrière les paysages mornes et plats. Et il nous demande de le croire quand il nous en parle parce qu’il les a vus. »

(Geneviève Decrop)

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